En même temps que nous nous mettions en quête d’aide, nous avons fait nous-mêmes des recherches et nous nous sommes plongés dans les documents avec Jean-Paul Lescorce. Il vient de publier un livre sur ce thème de la fin de la guerre à Soulac : basé essentiellement sur des sources françaises, il décrit les derniers combats. Le mémoire de maîtrise de Marlène Hunold (Les prisonniers de guerre allemands dans le département de la Gironde 1944-1948) s’appuie lui aussi sur d’importantes sources françaises, mais souligne le problème linguistique et le fait que les textes allemands soient difficilement accessibles aux Français.
Au cours de notre recherche (qui, des deux côtés, avait réveillé des traumatismes de guerre encore à vif) nous sommes tombés sur la copie d’un texte ronéotypé, présentant tous les caractères d’un exposé, et incomplet à la fin. Il s’agit d’une sorte de rapport du timonier en chef du destroyer Z 24 dont l’équipage a constitué par la suite le bataillon Narvik. Ce texte décrit, du point de vue personnel de son auteur, les derniers événements de guerre dans le Nord-Médoc, ainsi que ceux qui ont suivi la capture. Nous publions ce texte ici, en plusieurs tranches successives, dans l’espoir de contribuer un peu à reconstituer l’histoire de ces événements.
En juillet 1944, alors qu’il est au mouillage dans la rade du Verdon, le destroyer Z 24 est attaqué et
endommagé par des avions bimoteurs anglais.
Les réparations ne peuvent être effectuées qu’au chantier naval de Bordeaux. Elles avancent difficilement, car les travaux sont fortement entravés par des actes de sabotage et des retards.
Le 22 août 1944, le Z 24 se trouve à Bordeaux, à un poste d’amarrage près du hangar 13. L’ordre de repli des Allemands a été donné. Chaque chef de service du destroyer doit récupérer dans les magasins et arsenaux dont il a la charge des pièces de rechange, du matériel et des vivres. Cette opération est en partie perturbée par la Résistance. lire la suite