La guerre n’est pas finie et, si l’« Atlantikwall » n’est pas terminé dans sa
globalité, le 9 février, c’est le branle-bas de combat à Soulac et dans la
région.
Le Generalfeldmarschall Erwin Rommel arrive le 10 février à Soulac pour inspecter toutes les
installations du Nord-Médoc. Lors de cette visite, il déclare que « toutes les batteries
côtières sont opérationnelles ».
Le 31 janvier 1944, la préfecture de la Gironde adresse aux maires le journal du plan d’évacuation de la zone côtière qui s’étend : du côté océan, du Verdon à la limite du département des Landes ; du côté Gironde, de Pauillac au Verdon ; en largeur, de Pauillac à Hourtin. La zone côtière a été divisée en trois. La zone nord, où se trouve Saint-Vivien, est classée en « zone interdite » : elle s’étend du Verdon à Pauillac et de Pauillac à Hourtin. La zone ouest va de Naujac au Cap-Ferret et la zone sud d’Arès à la limite du département des Landes.
L’administration estime, par expérience, que sur les 72 461 personnes restant à évacuer, 50 % partiront par leurs propres moyens. Par conséquent, c’est le départ de 36 230 personnes que les maires doivent organiser : les évacués auront à effectuer à pied les premières étapes, mais « les véhicules disponibles (bicyclettes, voitures automobiles ou hippomobiles, camions, charrettes) pourront servir au transport des femmes enceintes, enfants, vieillards, infirmes et malades ». Les réfugiés doivent « se munir, par personne, d’une couverture, de couverts et de deux jours minimum de ravitaillement ».
Pour la zone nord et en particulier la zone côtière interdite, dont fait partie Saint-Vivien-de-Médoc, le plan fixe le centre de réception à Bégadan.
La Gendarmerie avait pour mission générale d’accompagner à bicyclette et à motocyclette chaque groupe de 300 à 400 personnes, elle devait donner priorité de libre circulation aux troupes d’occupation.
Les personnes appelées à rester sur place, devront se soumettre aux ordres donnés par les autorités allemandes. Le bétail devra être rassemblé dans des centres de réception, situés hors de la zone côtière. Les bureaux de poste de la zone côtière interdite seront repliés sur La Réole. Sauf les bureaux classés comme « indispensables » qui eux, ne seront repliés qu’en cas d’évacuation totale.
Pour Saint-Vivien-de-Médoc, il est prévu d’évacuer 1 002 des 1 131 habitants, 129 étant classés comme indispensables. De plus, Saint-Vivien est le point de rassemblement des évacués de Soulac, Le Verdon, Grayan-et-l’Hôpital et Vensac. Ensuite, les groupes doivent partir à pied vers Ordonnac en passant par Loirac. lire la suite