Les bunkers au nord de Soulac

 

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Bunker bei Soulac 1

Bunker bei Soulac 2

Bunker bei Soulac 3

Bunker bei Soulac 4

Bunker bei Soulac 5

Bunker bei Soulac 6

Bunker bei Soulac 7

Bunker bei Soulac 8

G. B. Shaw a dit (parmi pas mal d’autres choses) que les historiens sont des dromadaires qui broutent les herbes qui ont poussé sur le passé. C’est amusant mais l’histoire ne se règle pas toute seule, et surtout pas si on laisse pousser des herbes dessus.

Cela se voit facilement dans les bunkers au nord de Soulac qui ont été construits par les occupants allemands de 1941 à 1943 et qui nous rappellent qu'il y a quelques décennies les rapports entre Français et Allemands étaient conflictuels comme ils ne le sont heureusement plus de nos jours – par bonheur pour tout le monde.

Les bunkers ont vu leur plus triste période au mois d’avril 1945 après que les Allemands eurent été forcés de se replier dans le nord du Médoc en août 1944. D'un point de vue purement militaire, la présence continue des Allemands dans ce qu’ils appelaient eux-mêmes la forteresse Gironde Sud était sans grande importance pour le cours de la guerre, quand bien même le général de Gaulle voulut libérer cette région et ce avec des troupes françaises.

Après que les Allemands eurent repoussé plusieurs injonctions à se rendre, des troupes françaises fort supérieures en nombre ont attaqué, appuyées par les forces de l’air de leurs alliés et de lourdes unités de la marine française. Après des combats acharnés et sanglants, les Allemands ont été forcés de se rendre le 20 avril. Les combats avaient coûté la vie à 400 français et 650 allemands et 80 portés disparus. En plus il y eut un grand nombre de blessés des deux côtés.

C’est seulement depuis une dizaine d’années que les souvenirs douloureux de l’occupation se sont apaisés de sorte qu’on a pu commencer à étudier les bunkers et leur histoire. C’est dans ce cadre que Jean-Paul Lescorce, soulacais de naissance dont les souvenirs d’enfance remontent à l’époque de l’occupation, s’est mis à localiser et à dessabler bunker par bunker pour les rendre accessibles aux visiteurs. Nous sommes heureux d’avoir fait sa connaissance et que nous soyons devenus amis. Nous, la rédaction des Médoc-Notizen (notes du Médoc), avons organisé un certain nombre de visites bilingues (français – allemand) guidées par Jean-Paul Lescorce chaque fois pour des groupes de visiteurs de plus de 40 personnes de tous les âges. Jean-Paul tient à mettre l’accent sur le fait qu’il accomplit un travail de mémoire pour orienter les yeux de son public vers une époque qui appartient depuis quelques décennies à l’histoire mais qui a laissé des traces matérielles, les bunkers et les souvenirs des combats, qui sont encore visibles. Nous avons l’intention d’assister aussi notre ami dans l’avenir. La prochaine visite bilingue est déjà programmée pour la semaine avant Pâques 2011.


Ulrich Marwedel (Grayan)