Orgue et trompette, un duo gagnant

 

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Orgue et trompette

Dimanche 13 mars, la très belle église de Saint-Julien Beychevelle a vibré pour un concert unique, tant par la qualité de ses interprètes, le choix des oeuvres que l'intention sousjacente. L’association Culture et Patrimoine, tout récemment créée et ayant pour but de sauver ce qui peut l’être du patrimoine communal, a d'abord jeté son dévolu sur l'église, qui nécessite régulièrement d'importants travaux.

C'est dans ce cadre de délicate dentelle de pierre, d'une grande sérénité et d'une acoustique remarquable, que deux très grands musiciens, tous deux d'envergure internationale, Pierre Dutot, trompettiste, et Alain Bouvet, organiste, sont venus gracieusement jouer pour près de deux cents mélomanes et faire revivre l'orgue de l'église. Cet orgue, daté de 1875, du grand facteur Wenner, appartenait à la famille Fould, qui en fit don à l'église. Le temps a passé et passent aussi les messes solennelles où on faisait venir l'organiste de Lesparre ou de Pauillac. L’orgue s'est assoupi, désespérant qu'on revienne lui souffler un peu dans les tuyaux.

N'hésitant pas à confier au public, avec beaucoup d'humour, son incertitude quant à la fiabilité de l'orgue, le titulaire de l'orgue de l 'abbatiale Saint-étienne de Caen a dû adapter avec Pierre Dutot, le programme initialement prévu à ses possibilités. Peut-être les deux artistes ont-ils un peu souffert de ce contretemps, mais le résultat fut magique.

Très favorablement impressionnés par l'afflux et l'enthousiasme de l'assistance pour un concert somme toute austère, ainsi que par la réception qui a suivi à la cure, mélangeant le public, l'association et les artistes, ils ont tous deux manifesté le désir de revenir et même de procéder à un réenregistrement d'une série de concerts historiques sur les quatre orgues du Médoc. Si la même ferveur conduit le public à revenir et à faire des émules, les vieilles pierres et les gargouilles, le tympan et les pinacles de SaintJulien vont avoir une chance de connaître une seconde vie.

Renée Pouyfaucon
source : Journal du Médoc du 25 mars 2011