Patrick Sébastien : le retour du Jedi

 

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Sebastien Sebastien
salle des fêtes à Saint Estephe

Je suis encore sous le choc. Ravi, absolument ravi. J'ai rajeuni de quarante ans, ce n'est pas donné à tout le monde. Pour cela, seule la magie peut intervenir. Le magicien s'appelle Patrick Sébastien.

J'étais à ses débuts. Il y a quarante ans. Déjà, d'emblée, si naturellement que ça se situe au-delà du talent dans une contrée magique, sa présence, son charisme, son infernal culot arrondi et anobli par une sensibilité omniprésente, une tendresse, c'est ça ! Une tendresse ! Patrick-la-Tendresse.

J'ai eu les larmes aux yeux en lisant ses livres, à Patrick-la-Tristesse, Patrick-la-Nostalgie. Hier soir, à Saint Estèphe, ça n'a pas loupé, en dernière partie, quand il s'est lâché et qu'il a cessé d'être comique pour devenir profond, pour livrer en ouverture totale sa sensibilité, de nouveau j'ai été pris. Tout cuit.

Mais en attendant cet instant magique où sa sensibilité réveillait la nôtre, Seigneur quelle rigolade !

Ah, bon sang de bonsoir ! Il y avait longtemps que je ne m'étais pas fendu la poire à un tel niveau, boyauté d'entrée d'une telle force. Ah, l'enfoiré ! Dès l'entrée, je vous dis ! On attend Sébastien, on voit débouler DSK, quiquette à la main. Hurlements de rire spontanés dans tous les rangs de spectateurs. Des années, je vous dis, que je n'avais pas vécu ça, ressenti cet élan collectif, et pourtant, ils sont bons et même excellents, les Laurent Gerra, Bernard Mabille, Jean-Marie Bigard et consorts, mais même les rois doivent s'incliner devant un Empereur. Entre une heure et demie et deux heures de folie où il m'était impossible de reprendre vraiment mon souffle entre deux salves de rire, et cette envie partagée par pratiquement tous les spectateurs de participer et de chanter en chœur avec lui entre deux standing ovations. Un pur régal, je vous dis ! Et lui, au milieu de tout cela, toujours simple et proche de nous.

Mais qu’est-ce que tu fous, mon Patrick, à faire de la télé alors que c’est avec nous, à la scène qu’est ta place ?

Parlons aussi de la grandeur d'un vrai professionnel : à un moment donné, j'ai senti, très loin en filigrane dans l'imitation de Jean Ferrat un soupçon de fatigue vocale qui n'a en rien, au demeurant, altéré la prestation proprement dite. Nous avons su le fin mot de l'histoire lorsqu'il nous a ouvert son cœur : il avait enterré son père la veille. En grand professionnel, il nous a fait cadeau d'une rigolade d'autant plus explosive et éblouissante. Bravo Monsieur !

J'étais à ses débuts, j'étais là à Saint Estèphe où j'ai retrouvé leur atmosphère intacte, j'espère qu'il va remettre ça pour ses soixante ans de carrière, je n'aurai que quatre-vingt-cinq ans et espère bien avoir ce cadeau d'anniversaire. Hein, Patrick, rendez-vous fin mars 2032, à Saint Estèphe ? Ou ailleurs, ça vaut de toute façon le déplacement. Merci Patrick.

Michel Larroche (Saint Yzans)