Le phare de Richard

 

Phare de Richard

En des temps réculés, il était un grand arbre
Qui guidait les bateaux voguant sur la Gironde.
Hélas, le vent mauvais, quand la tempête gronde,
Abattit le géant pourtant dur comme marbre.

Pour remplacer ce signe précieux aux marins,
On construisit un phare de belle hauteur,
Cette tour montrant le route aux caboteurs
Qui montaient sur le fleuve en temps incertains.

Bientôt un fier jumeau plus robuste et plus haut,
Orgueilleux et trop sûr de ses poutres de fer,
Vint prendre le pouvoir, relèguant en enfer,
Son frère plus petit s'effaçant sans un mot.

Mais au bout d'un long temps, tout devint inutile.
Le prince à la feraille finit tristement.
Son frère fut sauvé, et fort heureusement
Devint un musée et lieu de promenade.

Aujourd'hui, montez donc en haut pour découvrir
L'estuaire paisible où dorment carrelets.
Vous y verrez très loin ses rivages follets
Et ses grèves perdues, où l'eau s'en vient languir.

Aquarelle : Gérald Tron / Texte : Daniel Dive